Kanazawa, walking, staying

Poursuite de mes publications autour du voyage japonais. Je me dis qu’il faudrait publier plus vite, les souvenirs s’effacent déjà, mais c’est sans compter le désarroi et la colère, le travail, et malgré tout une très bonne nouvelle dont je reparlerai par ici quand les choses seront un peu plus concrètes.

Laisser ici une trace de la visite au musée du 21e siècle à Kanazawa. La collection permanente n’était pas accessible, mais l’exposition en cours m’a fait découvrir plusieurs artistes que je ne connaissais pas, et résonnait parfaitement avec l’actualité en France.

Cette présentation des collections aborde les œuvres sous l’angle de l’acte de « marcher » ou de « se déplacer ». Les œuvres exposées révèlent diverses formes de « cheminements » ayant pour point de départ l’acte de faire un pas : qu’il s’agisse d’observer le monde extérieur, de pénétrer au cœur de la pensée et de la mémoire, ou encore de saisir les frictions et les négociations qui s’exercent entre le marcheur et son environnement. À travers des pratiques qui transforment des gestes simples comme marcher ou s’arrêter en diverses attitudes telles que l’observation, la résistance ou la réflexion sur la mémoire et le temps, ce travail met en lumière les relations entre l’individu, l’espace et la société.

Murakami Satoshi, Living Migration

Après le séisme et le tsunami de 2011, Murakami Satoshi imagine une maison en matériaux recyclés, juste assez grande pour s’y allonger, qu’il transporte sur son dos. Pendant des année, il sillonne le Japon avec cette maison, négociant à chaque étape un endroit où s’installer. Ses dessins et ses journaux racontent cette vie nomade, qui interroge notre rapport à la propriété, à l’habitat et à l’idée même de chez-soi. Au sol, un patchwork de cartes permet de suivre le tracé de son parcours.

“Room of Memory” – Chiharu Shiota

Une structure constituée de cadres de fenêtres que l’artiste a collecté lors de son séjour à Berlin, rappelle la tour de Babel. On est plongé dans un espace subdivisé à l’infini en carrés. Marcher à l’intérieur transforme le décor et notre perception de celui-ci. Au cœur il y a cette chambre.

Je n’ai pas photographié Ink Media, je l’ai filmée partiellement, on en trouve une trace ici, À partir de photographies de manifestations, Chen Shaoxiong réalise des dessins à l’encre qu’il assemble en une animation vidéo. Les scènes défilent, venues de différents lieux et contextes. Le passage de la photographie au dessin transforme ce flux d’actualités en une succession de gestes et de mouvements. Les images racontent des événements distincts, mais leur défilement fait apparaître une expérience commune et saisissante de la contestation

Jun Nguyen-Hatsushiba, Memorial Project Nha Trang, Vietnam: Towards the Complex – For the Courageous, the Curious and the Cowards

Sous l’eau, de jeunes hommes tentent de faire avancer des cyclo-pousses. Épuisés par l’effort et contraints de remonter respirer, ils finissent par abandonner leurs véhicules, qui sombrent comme des cercueils. Tournée au large de Nha Trang, la vidéo rend hommage à ceux qui ont tenté de fuir le Vietnam par la mer, mais aussi à tous ceux que les bouleversements politiques et économiques ont contraints à lutter pour survivre.

“Rise and Fall” – Fiona Tan

Deux femmes de générations différentes évoluent dans des paysages semblables, au fil de gestes ordinaires, dormir, se laver, marcher. Leurs mouvements se répondent, leurs temporalités se mêlent. À travers ces images, Fiona Tan explore la façon dont les souvenirs circulent entre passé et présent, se transforment et se recomposent, une mémoire mouvante.

Pendant que nous parcourons l’exposition j’entends des cris, je crois un instant qu’il s’agit d’une véritable altercation, ce qui parait totalement improbable, je n’ai jamais assisté à quelque chose de tel au Japon. C’est en réalité la performance filmée de Anri Yanase, Kein Licht. Je ne l’ai pas filmée, happée par l’émotion, et je n’en trouve pas d’extrait sur la toile. Le long d’une clôture qui délimite un chantier militaire, Anri Yanase marche en récitant une pièce d’Elfriede Jelinek, écrite après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Des manifestants et des policiers l’interpellent, mais elle poursuit sa marche et sa lecture. Les voix se succèdent sans jamais se rejoindre, tandis que la clôture matérialise une frontière et rend perceptible ce qui demeure silencieux.

À la fin du parcours, nous nous dirigeons vers Swimming pool, de Leandro Erlich. L’œuvre attire tant de monde qu’il faut s’inscrire en ligne le jour même à un créneau précis pour avoir le droit de s’y plonger. L’expérience est physiquement assez étrange, une sensation d’oppression, mais je ne sais pas si je le dois à la construction de l’œuvre ou au monde avec qui je cohabite sous la surface vitrée. Par sa photogénie, Swimming pool devient un objet de consommation. On vient vivre quelque chose, mais surtout en rapporter l’image, on prend la bonne pose, on sait l’effet que ça fera sur Instagram. Je regarde les visiteurs se photographier, je me demande ce que devient l’œuvre dans cette circulation, ce qui reste de l’expérience une fois qu’elle a été photographiée, partagée, regardée par d’autres.

Au moment de quitter Paris, la contestation montait, les lycéens et les étudiants s’organisaient. En parcourant l’exposition, je suis confrontée aux sujets qui m’envahissent, déplacés dans d’autres lieux, dans d’autres histoires, d’autres conflits. Okinawa, Fukushima, le Vietnam. Des frontières, des corps qui luttent et surtout des voix qui peinent à se faire entendre. Je suis émue de retrouver ces préoccupations au Japon, dans ce pays qui nous semble si calme, si silencieux, où nous ne faisons que passer, ignorant ce qui se joue autour de nous. Le silence que nous percevons est peut-être celui de notre propre ignorance.

une forme de présent partagé

Retrouver des lieux, se souvenir d’un visage, s’étonner que la mère, alors que sa fille repousse le jus de pomme parce qu’il pique, se saisisse du verre pour le faire tourner dans la lumière, le renifle, sceptique, avant de le reposer sur la table, puis le reprenne, le fasse tourner encore, se refusant à le goûter pour vérifier les dires de l’enfant, comme si elle se refusait à résoudre le problème, se tenait à distance.

Échanger des fragments de nos journées, des bribes assemblées comme des bouquets, envoyés de l’un·e à l’autre, une forme de présent partagé, deux présents qui se frôlent, où chacun pourrait accueillir l’autre, l’emmener quelque part, lui dire viens, regarde, c’est ici que je suis, je me rends compte en l’écrivant qu’à travers le journal je m’adresse déjà parfois à lui, surtout lorsque je traverse un quartier où nous avons été ensemble, et sachant qu’il est peu probable qu’il revienne cet été, je me réjouis de cet échange à venir, de cette manière d’être présents autrement.



La fatigue est là depuis longtemps, déplacée, contournée, absorbée dans les gestes quotidiens, elle est dans tenir, faire, marcher, elle est là, fait rêver d’isolement, d’une chambre au couvent, elle est là mais le sommeil s’échappe pour mieux revenir le jour, et, cherchant à comprendre ce qui n’allait pas ailleurs on est tombé dessus, cela vient se loger dans la gorge, exactement là, à la base du cou, la fatigue est logée dans la gorge, elle a une forme presque irréelle, un papillon, abimé, dysfonctionnel, et depuis que je le sais il est devenu sensible, présent, le nommer lui donne corps, comme le ventre s’arrondit quand on apprend une grossesse, quelque chose qui jusque-là était diffus et qui maintenant occupe l’espace, presse la voix, et je le sens, là, un papillon dans la gorge, dans cette zone où l’air passe moins librement, où les mots parfois s’arrêtent, comprendre alors autrement la fatigue, les absences, l’essoufflement, comprendre pourquoi on cherche ses mots, pourquoi on ne les trouve pas tout de suite, retenus avec le papillon, parfois être réduite au silence, à cause de la fatigue et du papillon, oui je suis d’accord avec toi Nina, ça fait bien sûr penser à l’affiche du film, mais il ne s’agit pas de ça, juste une grande fatigue et tout ce qu’on a pu faire pour compenser, pour ne pas céder, pour se prouver qu’on peut encore, sans s’autoriser à s’arrêter, maintenant je sais, la fatigue vient de là, je peux l’écouter, un soulagement, plutôt une évidence, le papillon ne fait plus tout à fait son travail, il faut l’aider, un cachet le matin, et ça reviendra, le corps retrouvera son rythme, l’air circulera à nouveau sans effort, la voix se détendra, le corps n’aura plus besoin de lutter.
Sur la boîte de comprimés il y a un papillon noir, qui donne une forme à ce qui jusque-là restait abstrait, je pense aux filets tendus au-dessus des plantes, une protection presque invisible, on ne sait pas très bien ce qui est protégé, ce qui est pris, et sentir le papillon, là, à la base du cou, accueillir la fatigue.

Pourquoi effacer ce qui est caché

Tous les matins ou presque, pour commencer la journée, refaire la veille. Amies ou voisines, souvent en robe de chambre pour marquer le privilège de la proximité. On est entre nous. Craquements de briquets. Les cigarettes s’enchaînent, tacite concours de fumée. Le parfum des femmes donne à l’odeur du café et du tabac une tonalité singulière. Entre nous on parle des autres, on en rit. Et parfois on évite de dire, on évite certains sujets. On s’évite le chagrin.
Sobhiyé, Gracia Bejjani

La lumière, la douceur, d’être ensemble à la maison nous ramenait six ans en arrière, nous rappelant le temps du confinement. 

La miniature est maintenant terminée, j’ai l’impression d’avoir fabriqué un dispositif de mémoire sans le préméditer, chaque objet, chaque lumière, chaque recoin retrouvé devient un espace où mes souvenirs peuvent s’installer. La chambre disparue renaît, et avec elle, la mémoire des étés d’enfance, de la chaleur, du vent, du ressac. 

C’était la manière de porter son enfant, elle le portait simplement dans ses bras, contre elle. Pas d’écharpe, pas de porte-bébé, aucun accessoire, c’est ce qui a arrêté mon regard,. Et nos regards finissent par se croiser. Il y a dans ses yeux un air de défi, je me demande quelle histoire se cache derrière cette manière de porter l’enfant. C’est un geste d’une autre époque, chargé de tension, de fragilité, je pense à une fuite.

Nous traversons la ville plongée dans un calme étrange, et ce n’est pas un rêve, comme si nous devions nous soustraire au bruit du monde. Depuis les attaques du 13 novembre, et depuis le confinement, ces moments de silence dans la ville portent toujours l’inquiétude de ce qui les a précédé.

sœurs

Réunies dans le salon, le cœur à l’ouvrage. Je les regarde et j’aime le sens qu’elles donnent à sœurs. Sur le mur du salon il y a une empreinte dessinée par la poussière accumulée sous le cadre. Une image produite par le temps lui-même. Je l’efface avec un chiffon. Nina (se) demande Pourquoi effacer ce qui est caché. Elle porte une très grande attention aux objets et aux traces, je crois davantage que moi. Par exemple, quand elle décide de se débarrasser d’un objet elle le photographie avant. 

Notre candidature pour les Journées de l’estampe, avec Delphine et Barbara, est retenue. Grande joie. Sortir du c’est possible, aller vers devoir faire. S’organiser, produire, tenir un calendrier. Une énergie nouvelle s’ouvre, qui  repousse les chantiers plus flottants. Heureusement la miniature est terminée, je la devine comme un prélude. Elle me donne une piste de travail, les paysages comme des lieux de résonance, où ce qui est perçu appelle ce qui revient. Des paysages augmentés, où la mémoire, la lumière et les traces se superposent, comme si l’image pouvait contenir à la fois le présent du regard et les strates invisibles du souvenir.

invisibles mais présentes

C’était la première marche depuis notre retour à Paris. Reprendre goût à la ville dans les percées de rues, mâcher les lumières crues de fin d’été, sentir dès que marchant dans l’ombre une certaine fraîcheur. Le corps cherche à nouveau ses repères dans la cadence des trottoirs, entre les façades qui reflètent le soleil.

Je n’ai plus peur des araignées, Nina m’a raconté qu’on aurait en moyenne dix araignées autour de soi, invisibles. L’idée me plaît de savoir toutes ces petites gardiennes silencieuses près de moi. Elles veillent sur nous et nous n’y pensons jamais.

Je traverse un tiers du pays en train pour retrouver Delphine au Puy-en-Velay. De là nous continuerons ensemble en voiture, à nous enfoncer au milieu de nulle part. Aux abords de la gare de Saint-Étienne, deux cyprès, je me surprends à ne pas les aimer. J’ai longtemps cru pourtant que j’aimais les cyprès, mais là, rien à faire, je ne vois que leur raideur, le désaccord avec le gris de la gare. J’aime les cyprès lorsqu’ils se plient à la courbe d’une colline, lorsqu’ils se distinguent parmi d’autres arbres, silhouettes noires dans l’éblouissement. J’aime les cyprès en Italie, rangés à l’entrée des cimetières. Ce que j’aime dans les cyprès c’est le sud.

La montée se fait lentement avant d’arriver au village. Le paysage s’ouvre, des forêts de conifères, des champs qui s’étirent à mesure que l’on avance. À l’avant de la voiture la sensation de découverte qui saisit, arrivant dans un lieu dont je ne m’étais jamais fait aucune représentation, dont je ne possédais aucune image, aucun souvenir préalable, et se laisser surprendre par ce qui vient.

La maison est dans son jus. Tapisseries désuètes, portes vitrées, meubles lourds. Ma chambre minuscule et sa porte accordéon que j’aurais adoré enfant. Nous sommes là pour graver, sans doute nous irons marcher un peu. Nous sommes au pied du Mont Mezenc, et c’est justement l’anniversaire de Juliette. Nous faisons un rapide tour de village, les murs austères, le silence des rues désertes, les jardins proprets.

Dans l’atelier, après avoir pataugé avec la presse toute la matinée et sollicité notre hôte pour la régler, on s’étonne joyeusement d’être là. De ne pas compter le temps. Nos doigts s’encrent, on s’interroge ensemble. Je me confronte encore à mon manque de méthode, mais je le justifie, comme toujours, par un désir de liberté. Chercher, se tromper, laisser une forme apparaître par surprise, penser aux araignées qui se cachent dans les angles, invisibles mais présentes.

l’absence

canal Saint-Martin, 22 novembre 2020

C’est chaque fois le même silence. Une scène muette comme un souvenir d’enfance. Le ciel bleu d’Oran découpé net dans la baie vitrée. Le matin même il lui caresse la joue. Un grand silence d’avant la sonnerie du téléphone, un grand silence de mort, un blanc fébrile d’avant les catastrophes. Le silence comme le vide, le froid qui s’enfonce dans les os. Le coup de téléphone, le chaos. Des changements de décor. Tenir debout, combler le vide, s’accrocher à la circulation de nuit en flots apaisants, aux nuages roses et fragiles de l’aurore, aux nuages galopants sous vent d’ouest, ceux flambants du soir, aux nuages furieux d’août, leurs déchirements en tonnerre, au bruit rassurant du moteur de la deux-chevaux au retour des courses. Chercher une présence dans le regard lointain d’un aïeul, au delà du monde. Bien des années plus tard je sais la désertion, le refuge en lui même, je retrouve cette fixité dans son regard à elle. Tu pars, je ne comprends plus l’espace autour, je me cogne dans les meubles, je me heurte à l’absence. L’idée de ta disparition, comme une vague, est ce que vraiment tu vas le faire — disparaître ? Le froissement de l’écume. Couchée à t’attendre me rappelle la chambre sous les toits, un concerto de Rachmaninov, l’ennui, le sommeil qui ne vient pas, les larmes dans l’oreiller, mes questions secrètes, mon pouls trop rapide, la nuit qui s’éternise. Demain il fera jour, j’écoute le frôlement du vent dans le peuplier argenté. Couchée à t’attendre j’écris dix scénarios, celui de l’accident, celui d’un effacement soudain, inexplicable, celui de comment je pourrais te survivre, celui de comment habiter le fracas du monde alors que tu as disparu, c’est gravé sur l’or de nos alliances, jamais deux sans toi. Tu es là, marchons ensemble dans l’apaisement inédit de la ville, dans le contre-jour du soir qui approche, sous les nuages la peur s’éloigne, ces merveilleux nuages qui depuis l’enfance me poursuivent.

Texte écrit sur une proposition de François Bon, dans le cadre de l’atelier Baudelaire

gris

Le gris doux d’une pierrette glissée au fond des poches le gris tiède et lisse sa rondeur contre ma paume le gris est une ruine d’enfance timide rejetée à la mer le gris est un renoncement un morceau de ciel abandonné sur la route une inquiétude le gris chuchote des secrets sous les nuages froissés me caresse les joues en bruine fine le gris est une chanson triste un battement lent une rumeur une image dérobée le gris couche nos ombres frileuses dans le sable remue la neige s’appesantit sur la ville le gris rôde souffle rampe le gris du pont de la rue de l’Aqueduc le gris du Paris Melun son odeur fade de fer humide le gris des volutes dans les voitures fumeurs et la chaleur du chauffage qui alourdit nos jambes sous le vinyle fauve des banquettes le gris de mes lèvres dans la lumière orange des tunnels autoroutiers le gris infini le gris de l’inconnu d’une langue étrangère le gris des jours indolores de nos étreintes paresseuses du ruissellement sur l’émail le gris est le ferment des corps cachés dessous les pierres — on ne devrait mourir qu’en hiver sous le gris soyeux du ciel — le gris d’une poignée de terre sourde entre mes doigts serrés le gris aveugle absorbe oublie le gris est un sommeil léger une mémoire fanée un doute un temps trouble le gris est une maison perdue une chambre noire une fenêtre le gris des rideaux pendus derrière la vitre fêlée des murs nus l’abrupt le gris mord la poussière le gris est un espace immobile un rien ton absence le gris efface tendrement les morts le gris est une mise en garde au-dessus de la mer le gris dépayse tout autour rétrécit l’île à l’horizon le gris a le goût d’une vague amère le gris éparpille ses cendres efface l’écorce des arbres le gris partage le silence des âmes enfouies le gris déterre mes fantômes drapés de brume révèle leur peau d’argile dans le grain argentique d’une photographie le gris fatigue comme vivre le gris est une nuit blanche irrésolue un écho mat une heure qui n’existe pas le gris folâtre dans le profond des rêves chiffonnés le gris vacille hésite incrédule le gris réveille le souvenir de ta voix bruisse dans l’obscurité le gris est une attente le gris coule comme une ivresse le gris me renverse comme une incertitude. 

Texte écrit sur une proposition de François Bon, dans le cadre de l’atelier d’hiver, prendre

épiphanie #12

 

C’est comme une panne de son, un arrêt sur image, quelque chose surgit qui était déjà là.
C’est accentuer, insister, creuser, délimiter tel ou tel contour, proposer aspérités ou arêtes.
L’écriture, sa mise en échos et son possible chaos.

 

 

tercet composé de manière combinatoire par Pierre Ménard sur le compte twitter de Sandor Krasna