l’étincelle du jour


je ne sais pas si c’est la pluie, je devrais dire le déluge ou les annonces mauvaises, ça m’a rendue triste, il y avait la tentation de se draper dedans puisque décidément on n’est pas près d’en sortir — rien à faire ni la comédie pleine de bons sentiments (trop médiocre) à la télé du soir, ni la lecture des textes des participants à l’atelier d’été (pourtant Sarraute), ni la tentative d’imaginer une vraie lumière d’été sur la ville dans les jours à venir — juste envie de se cacher sous le manteau de brume mais s’inquiéter avant du retour d’une amie, elle a eu la gentillesse de me répondre, je l’ai découvert ce matin, surtout elle m’a demandé comment allait la « fille » d’Erbalunga, ça a été l’étincelle du jour, ça me plaît bien d’être cette « fille » là, de plonger dans l’album du dernier séjour, de contempler cette aube étrange comme un feu sur la mer, d’ouvrir la fenêtre sur la chaleur qu’il peut y faire dès le matin au mois de juin.

Arson, à la sauvette

En arrivant à Nice on pensait en voir plus de la Villa Arson. Malheureusement, pas d’expo programmée. Il fallait se contenter des jardins.

Nous nous sommes tout de même glissés dans le hall pour accéder aux terrasses, admirer la ville depuis la colline, nous retourner et découvrir la façade rouge.

Le bleu avait déserté, on se sentait un peu hors la loi, on a pris des photos, à la sauvette.

Je me disais que faire ses études ici ça devait être plutôt une chance, Nina m’a dit que quand elle avait un coup de mou elle allait sur les terrasses, et ça passe.

par la fenêtre

Je me suis levée plusieurs fois dans la nuit, la soif, une crampe, au dernier réveil par la fenêtre la lune était plate et brillante, elle se rapprochait de l’horizon immobile, le bleu était intense autour, c’était une lune d’enfance, une lune à qui on parle, une lune dont on ne sait plus comment elle tient dans le ciel, dont on se demande qui l’a collée dans la nuit, un astre dont on a oublié la mort, j’ai goûté l’eau fade qui avait passé la nuit dans le verre sur la table du salon, ça m’a rappelé l’eau qu’on boit à l’hôpital par toute petites gorgées, il était trop tôt pour me lever, j’ai retenté en vain le sommeil, j’ai de nouveau regardé le ciel, la lune plate avait disparu dans un petit jour mélancolique, j’ai pensé à la perspective des montagnes en pans bruns, puis mauves, à leur décoloration progressive dans le lointain.

au pied du lit

Un désir de vérité, d’exhaustivité, quand la distance se dessine je rougis, qu’avais je espéré ? Je ne fais pas mieux qu’elle, je déroule ma petite histoire, observe la flamme dans l’œil de qui m’écoute, mesure la vanité de la chose, à mon tour de broder, raccommoder mon tissu de deuil, vous allez voir, ce sera bien solide. Maintenant je dois aller jusqu’au bout, reprendre le texte, me confronter encore à la peur, trouver la justesse, préciser l’intention, ce que je cherche, ce qui me porte. Résoudre quoi ? Je sais bien que ce n’est pas la vérité, je vois se hausser les épaules, se dessiner les sourires, je ne cherche pas la vérité, je veux sauver du naufrage ce qui peut l’être, extraire mon père de l’oubli. La vérité ? J’ai déjà renoncé, je me contenterai de cette approche, ça suffit à le faire entrer dans la maison, sentir sa présence au pied du lit. Maintenant je me débats avec son fantôme, il se glisse entre chaque sommeil, immortel, il n’en finit pas de revenir. Mon corps a beau se resserrer, se replier dans les draps, ça ne m’évite pas de le sentir qui me traverse, dans la poitrine c’est un peu douloureux.

qu’il pleuve

près de la rue de Meaux, Paris, avril 2021

comme chaque matin j’attrape un livre dans la bibliothèque, un livre que je n’ai pas lu, un livre oublié, je l’ouvre au hasard, lis quelques lignes, ce matin Qu’il pleuve, Francis Dannemark, au milieu d’un paragraphe quatre mots se détachent, un coup de cafard, l’expression oubliée me replonge loin dans l’enfance, un coup de cafard, une fin d’été quand l’avenue de La Plage se vidait de ses vacanciers, la maison vide quand ils étaient en course, un mur lisse, un rêve oublié qui alourdit le corps, un jour hostile, les branches dépenaillées entre chien et loup, l’absence, un coup de cafard reflétait ce matin si justement l’humeur du moment, plus juste qu’une fatigue galvaudée, un coup de cafard, bref, sec, se souvenir du dehors, franchir la porte, se jeter dans le tournant, attraper les reflets du jour

la traversée des nuages

Paris, 19 février 2021

Je suis très curieuse de l’intérieur des autres, d’y découvrir leurs objets accumulés, les histoires qu’ils portent ou que je leur invente, j’espère toujours une révélation, une rencontre avec ma propre histoire, une pochette de disque ou un livre aimé feront l’affaire. En entrant chez C et D je suis particulièrement gâtée, un cliché immense de D recouvre un mur, ouvrant l’espace vers un village russe, des icônes religieuses chinées aux puces, un portrait de femme en peinture, un buste en plâtre coloré, des photographies de famille, d’artistes, je m’accorde l’autorisation de faire quelques photos en débordant légèrement  du cadre du making off, C prend même le temps de me présenter les personnes en présence sur les étagères. Sur une enfilade il y a ce globe un peu ancien, ses couleurs jaunies, l’objet me fascine, je n’en ai jamais eu — me dis que si j’en avais eu un je traînerais sans doute moins de lacunes en géographie. De la main je donne une légère impulsion pour le faire tourner sur son axe, je suis surprise par la douceur de l’objet sous mes doigts, et surgit le signe que je guettais, la silhouette du Japon, je souris, même si ça réveille une envie sourde de voyage. Alors que je cadre le globe en approchant dangereusement l’objectif, remonte le souvenir d’un de mes atterrissages à Osaka, où après avoir traversé la couche de nuages j’avais découvert les contours de l’île d’une netteté impressionnante dans la mer, une vision presque irréelle, comme surgie d’un rêve. Je cherche un angle de vue, retrouve cette sensation de plongée clouée au siège de l’Airbus, et l’excitation qui l’accompagne, je déclenche. Je redécouvre le globe ce matin, en triant les photos oubliées sur la carte SD de mon appareil, et dans le premier IPhone dont je n’utilise plus que l’application notes pour écrire je retrouve l’image de 2015, la traversée des nuages et la côte de Honshū dans le bleu pacifique. J’accepte joyeusement le signe, ce sera le prochain grand voyage, le Japon — comme me manquent son mystère, ses aubes précoces, la voix du Shinkansen, la vapeur des ramen, les passages de chat, les cimetières sans murs, les dormeurs de la Hankyu, le temps long, cet ailleurs où je suis autre. 

arrivée à Osaka, 2 mars 2015

Deep Nostalgia

Deep Nostalgia, nul besoin de traduction, ça me laisse rêveuse. La promesse : Deep Nostalgia donne à l’histoire de la famille une nouvelle perspective en produisant une représentation réaliste de la façon dont une personne aurait pu bouger et avoir l’air si elle avait été capturée sur une vidéo. Sur le site, plusieurs exemples de photos anciennes prennent vie sous l’effet d’une animation, c’est vendeur, il y a quelque chose de troublant à voir ces visages anonymes qui se mettent en mouvement. Philippe en me montrant l’application avait lui aussi en tête les photos de mon père découvertes il y a deux ans, cette expérience m’était réservée, je suis traversée par une pensée follement naïve, cette technologie pourrait insuffler du vivant ? Je sens mon pouls s’accélérer, je n’en dis rien, contente de sentir Philippe aussi curieux que moi. Nous testons une première image, Plutôt lui enfant ce sera moins perturbant tu ne crois pas ? Le résultat est étrange et fascinant, cependant nous nous heurtons bien vite à l’imposture et aux limites de l’outil, sous l’effet de l’animation les traits s’alourdissent, le globe oculaire devient trop large dans les changements d’angle, le sourire se fige, les mouvements affectés m’évoquent un comédien qui chercherait à attraper la bonne lumière pour des essais caméra. Mais je suis prise par le jeu, comme si quelque chose de lui pouvait surgir, pour de vrai, on essaie encore, et encore, Tiens cette image où il a l’air sérieux, comment va t’il sourire, l’application travaille, des effets sur l’écran miment la magie de l’opération, la photographie s’anime, le visage se tourne légèrement vers la gauche, s’abaisse, les yeux clignent, passé l’instant de la découverte, la déception prend le dessus, qu’avais-je imaginé ? Je me sens presque honteuse d’avoir cru à ce simulacre, il n’y a rien ici de vivant. Je pense à cette tradition du dix-neuvième siècle, photographier les morts en les mettant en scène comme s’ils étaient vivants, maintenus assis ou debout à l’aide de structures de bois dissimulées dans leurs dos, ils apparaissaient plus nets dans l’image que les vivants autour, soumis à la difficulté de rester immobiles durant la longueur de pose de rigueur à l’époque. La photographie ne permettait plus seulement de fixer l’image des vivants, elle créait l’illusion de la vie pour les morts, parfois même ces photos étaient la seule représentation que les familles conservaient de leurs proches, faute de moyens ou de temps. Je ne résiste pas à choisir une dernière image, mon père communiant, elle présente un visage sage et lisse, se prête sans doute plus facilement à l’expérience, mais le résultat de l’animation me laisse ce même sentiment de frustration mêlé de gêne, je ne vois qu’une poupée hyperréaliste telle le robot humanoïde rencontré à Tokyo dans un magasin de luxe, rien de cet artifice ne me parle mon père, rien de cette lenteur synthétique ne ravive ma mémoire de petite enfance, ma fascination finit par se transformer en un vague écœurement. Des secondes de lui vivant j’en possède quelques-unes, en couleur, fixées sur film super huit, elles triomphent, ce sera mon seul souvenir fabriqué, lui, son appareil photo dans les mains, cadrant le lavoir de Canaghia transformé en bassin pour les bateaux que les gamins du village font flotter, lui et ce sourire léger, les pans de sa chemise soulevés par le vent, lui de trop loin et ses mots silencieux adressés au cameraman.

la belle équipe

Revenir à La belle équipe en quête d’images pour préparer un montage en hommage à Martine, là où nous nous sommes rencontrées en septembre. En réalité nous nous étions rencontrées pendant l’été, elle avait réagi à l’un de mes textes, elle y avait décelé matière à histoire, c’était une porte que j’ouvrais sur le conte mais je ne me sentais pas capable d’aller au-delà, je me souviens avoir hésité au cours de nos échanges, j’aurais aimé qu’elle s’en empare. Puis il y a eu cette proposition d’écriture Des mains, et nos textes publiés quasi simultanément sur le Tiers Livre, à évoquer chacune les mains de nos mères. Nous découvrons ensemble nos textes réciproques, nous nous étonnons de cette proximité, nous commençons des échanges plus soutenus, évoquons la possibilité de nous rencontrer dans la vraie vie. Le rendez-vous s’est lancé sur la page du groupe d’écriture, je me souviens de ma petite peur à voir d’autres membres de l’atelier participer à la conversation, intimidée que ça puisse prendre l’allure de grandes retrouvailles, finalement les contraintes d’emploi du temps ont pris le dessus, avec Xavier et Thibaut nous nous retrouverons à quatre. Un moment important, porté par la générosité de Martine, la chaleur inhabituelle de septembre, les boissons pétillantes, la confiance que nous nous sommes accordée, là, à la terrasse de son café fétiche, La belle équipe. Nous avons évoqué nos parcours, nos projets d’écriture, nos empêchements, nos envies, le temps a glissé, nous nous sommes promis de recommencer, bientôt. Reconfinement. Automne. Hiver. Apprendre brutalement la disparition de Martine, ne pas y croire. Aujourd’hui je me décide à revenir à La belle équipe. Sauf que le bistrot ne fait plus que de la vente à emporter. Sauf qu’il fait gris et froid, que c’est pas un temps à photographier. Deux jeunes femmes se tiennent derrière les tables garnies de bouquets et de menus, elles m’interpellent, je leur demande si je peux faire quelques photos, elles m’opposent qu’elles doivent demander au patron, qui n’est pas là, je regarde les chaises vides rangées sous l’auvent de la terrasse, m’autorise, rêve au printemps, de la terrasse ouverte, de comment y revenir, sans Martine.

l’impossible inventaire

La veille Nina avait découvert l’appartement, les enfants du propriétaire défunt y organisaient un vide-maison, elle était rentrée toute joyeuse avec son butin, pellicules périmées, d’autres à développer, éprouvettes, boîtes d’allumettes, bougies, élastique à coudre, bandes médicales, feuilles ornées de motifs chinoisants, un cendrier de la marque Camel, une guirlande d’angelots lumineux, une carte d’étudiante en urbanisme à l’Université de Paris datée de 1960. Elle nous décrit l’appartement ancien, immense et splendide, chargé d’un fatras d’objets dont les héritiers souhaitent se débarrasser. La vente se poursuit aujourd’hui, Alice et moi décidons d’y aller, guidée par Nina ravie d’y retourner. Nous entrons dans le paisible passage du Désir par la grille entrouverte sur le boulevard de Strasbourg, la cour pavée bordée de bâtiments au façades disparates abrite des logements et des ateliers, par une fenêtre ouverte un chat nous salue. L’appartement est logé dans l’immeuble haussmannien au fond du passage clos par une porte cochère. Au bout de l’interphone aucune voix, la porte s’ouvre sans sésame, nous grimpons deux étages, le fils nous accueille dans l’immense entrée encombrée. Il nous dresse rapidement le portrait de son père — artiste à l’ego envahissant — comme pour nous préparer au spectacle, vous pouvez aller partout dans l’appartement, ouvrir chaque porte, chaque tiroir, si vous voyez du scotch de chantier sur un objet c’est qu’il n’est pas à vendre, il désigne au-dessus de nos têtes un lustre orné d’adhésif rouge et blanc. Il asperge nos mains de lotion hydroalcoolique, nous voilà libres de circuler dans l’invraisemblable capharnaüm.

L’appartement fait plus de cent soixante mètres carrés, il jouit de l’immense hauteur de plafond de l’étage noble, et deux mezzanines viennent augmenter la surface envahie d’objets dont l’inventaire paraît impossible : statues et statuettes, poupées dénudées en plastique, en porcelaine, marionnettes, mannequins, plâtres moulés, masques, têtes, bustes, cartons de photographies, d’archives, sur les cartons des noms de pays, Grèce, Crète, Egypte, Mexique, papiers divers, empilés dans des caisses, en cahiers, en blocs, en rouleaux, croquis, lettres, manuels poussiéreux, outils, règles, compas, jumelles, bombes de vernis, colle, peintures, pinceaux, cadres, tableaux, bocaux d’ossements, de coquillages, de pierres, de boutons, fleurs artificielles, miroirs, et quantité d’objets dont nous ne devinons même pas l’usage, entre les pièces chaque chambranle est habillé de cartes postales, photographies de masques et statuaires antiques. Je traverse un couloir-bibliothèque — des livres du sol au plafond — j’entre dans la cuisine, un mur brûlé surplombe l’évier encombré, partout ailleurs s’accumulent des théières et cafetières en métal argenté, des manuels de recettes, des menus de réveillon, des notes incompréhensibles scotchées sur les portes de placards, au-dessus des meubles une collection de bouteilles en verre coloré patinées de graisse et de poussière.

Je reviens vers ce qui a pu être le salon, l’ensemble me fascine mais je ne peux me résoudre à extraire un objet de la masse, j’ose à peine ouvrir les tiroirs remplis de vétilles, un peu mal à l’aise, déplacée, au milieu des propriétaires, David et Rachel, d’un de leur amis libraire qui nous explique qu’on peut oublier les livres qu’il a préemptés, et de deux ou trois autres curieux. Les filles accumulent quelques bricoles dans un panier, une icône religieuse byzantine peinte sur un fragment de bois me fait de l’œil, quand j’interroge Rachel, elle me met en garde, cela a de la valeur, ont doit réfléchir, je remets la peinture en place. Nous parlons un peu, ils ont grandi dans cet appartement acheté par leurs parents, il y a bien longtemps, j’essaie de les imaginer petits, jouant, courant d’une pièce à l’autre en criant, je redistribue mentalement les pièces du foyer, sans doute Rachel dormait sur la mezzanine de la pièce du fond… et puis ils ont quitté la maison, à la mort de leur mère ça a dégénéré, leur père collectionneur est devenu compulsif, aux souvenirs de voyage se sont ajoutés milles objets inertes, parfois encore dans leur emballage d’origine, ils ne se sont pas tout de suite rendu compte, c’est un jour en lui rendant visite, ayant du mal à mettre un pied devant l’autre qu’ils mesurent l’ampleur du problème.

Je n’ose pas être trop curieuse, peur de les heurter, je suis impressionnée par leur sang-froid, qui ne serait pas désemparé devant cette abondance insensée ? Je leur demande l’autorisation de prendre des photographies, les prévenant que j’écrirais peut-être un article sur mon blog,  oui, bien sûr, d’ailleurs un film a été tourné dans l’appartement. Je pars en exploration avec mon appareil, très vite ma gêne prend le dessus, les présences autour, la lumière artificielle que je voudrais éteindre, le temps qu’il faudrait s’accorder pour choisir l’angle, cadrer dans la masse infernale, cela fait plus d’une heure que nous sommes dans les lieux, masquées, les mains noires de poussière, je prends mes photos à la hâte, j’ai l’impression que déjà la maison me dévore, il est temps de partir. Nous réglons nos achats, David note sur un carnet : un cahier, un chapelet, du vernis en bombe, un essai de Dolto sur la sexualité féminine, un essai sur le cinéma de Verhoeven (deux livres que le libraire a offert à Alice), des ramettes de papier jauni à angles arrondis, un animal ailé en bois peint du Mexique, un album photo ancien en forme de livre, la photographie d’un petit garçon dans un minuscule cadre métallique, il a une petite hésitation sur la photographie, se demande si tout de même ce n’est pas son père, interroge sa sœur qui elle même ignore qui est l’enfant, quand bien même ce serait lui…, Alice peut conserver l’objet. Avant de quitter les lieux nous échangeons avec Rachel nos coordonnées, qu’elle me tienne au courant pour l’icône, je la préviendrais si je publie quelque chose, oui, Rachel …, au moment où elle allait prononcer son nom de famille je la coupe malgré moi, comme s’il fallait garder secrète l’identité de son père. En sortant, je suis bouleversée, encore sous l’emprise du lieu et de son incroyable pagaille, émue par cette histoire familiale dont je n’ai saisi que quelques bribes, impressionnée par l’immensité de la tâche qui les attend à se défaire du désordre, je n’ai senti chez nos hôtes aucune hâte alors que me revient la sensation nette de la panique qui m’a étreint quand avec mes sœurs nous avons voulu ranger l’appartement de Bastia après la mort de ma mère, et de découvrir en ouvrant les tiroirs qu’elle les avait déjà entièrement vidés.

Deux autres approches du même lieu, Passage du Désir, à Paris dans le 10ème arrondissement :

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Liminaire : Des lieux et des souvenirs