quelque chose de merveilleux que je ne sais pas saisir

D’abord saisie par la lumière dans la cage d’escalier, on entre dans la salle immense, dans les vitrines des milliers de moulages de cire, fragments de corps, visages défigurés, la main de la fillette aux ongles rongés, on ne fait pas de photographies, respect du droit à l’image.

L’escapade rue des Vallées, les quais, les voies, rappel des attentes, de nos silences. Arno Bertina m’apprend qu’il vivait rue des Vallées, son père auteur d’un article mentionne Alexandre B, je vois des signes, m’emballe. Peut-être ouvrir un espace sur le blog pour reprendre le projet sur mon père.

Insomnie, je flotte dans un espace sans bords, reviennent les questions sans réponses, me demande si mon père cherchait le sommeil la veille de l’accident.

Rêvé d’Arnold, il rentre de L.A., je suis sur un vélib, il m’appelle de l’autre côté de la rue, j’approche lentement — peur qu’il m’annonce une mauvaise nouvelle — il me dit qu’il vient de retrouver son premier amour, embrasse mon visage, des baisers furtifs sur mes joues, mes paupières, c’est doux, il y a aussi la chaleur du soleil, je me réveille.

Dans la perspective l’ange de la Bastille semble courir sur les toits, quelque chose de merveilleux que je ne sais pas saisir. La lumière basse de l’automne, la douceur surprenante. Philippe me fait écouter le mixage des voix pour Nous les arbres, je découvre et aime l’abandon qu’il y a parfois dans la lecture.

Nous partons vers l’ouest, une marée de véhicules, effarante, n’ai pas vu grand chose du voyage absorbée dans les conversations, seulement les nuages perforés de rayons de soleil. Arrivée entre chien et loup, n’aurais pas le temps de faire des photos. L’odeur du feu de bois imprègne mes cheveux, je pense à Ouessant, savoure la solitude dans le lit d’enfant, pense à demain, découvrir le paysage de jour.