ses forces broyeuses qui nous sidèrent

Je me déshabille, au lieu de poser mes vêtements sur le fauteuil à la sortie de notre chambre minuscule j’en fais une sorte de boule sur mon lit, j’aime leur poids sur mes pieds une fois dans le lit, présence presque animale.

Un dimanche en famille, les parents de Philippe nous ont rejoint, un vrai dimanche avec des coupes pétillantes, Nina a cuisiné, on a rit, joué aux cartes, on oublie le temps.

Je lui dis au revoir, je m’habitue enfin. Le soir en vélo un air de tempête, je prends de la vitesse pour lutter contre la pression du vent, le froid entre dans mes tympans.

J’écoute la Symphonie du Nouveau monde de Dvořák, mon cœur se serre, peur de ces bruits de bottes.

La perspective des journées d’Évry me réjouit et m’effraye un peu, impression de sauter d’un plongeoir un peu trop haut, mais il y a les présences amies, il y a que le projet est hautement enthousiasmant, et je serais — si je ne me perds pas en route — libérée de Comanche.

Je m’étais dit Demain matin je prendrais mon temps, Philippe ne travaillait pas, m’avait demandé de le réveiller, à l’heure dite j’ai hésité, je me suis dit que le plus tard possible serait le mieux. Je me suis laissée tomber sur le lit, il s’est retourné m’a regardée Ça va ? Poutine a déclaré la guerre à l’Ukraine. Sur le chemin de l’atelier je me suis arrêtée devant le canal — longtemps contempler le scintillement. J’ai fait je crois cinquante photos des taches de lumière dansant sur l’eau.

c’était l’aube. traversait le long ciel de nuit somnambule. frôlait le sommet des arbres dénudés. c’était l’aube. ne dormirait pas, le rideau écarté, l’ombre. l’aube son silence, un reflet de lune, le merveilleux d’enfance… extrait de ma participation pour la revue Les Villes en voix — texte image. Françoise Breton qui m’y a invité écrit : L’art consolateur et résistant, c’est peut-être encore une façon d’avancer dans ce monde cocagne, ses forces broyeuses qui nous sidèrent…

Publié par

caroline diaz

https://lesheurescreuses.net/

3 réflexions au sujet de “ses forces broyeuses qui nous sidèrent”

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