Chère Anne-Marie

Le jour était souple, tiède, un air vagabond courbait les herbes et les pommiers. Un ciel bleu comme — t’en souviens-tu — celui brillant au-dessus de Santa Maria Novella au printemps 1986. Dans le jardin du cloître les pâquerettes lançaient des flammes blanches sous le soleil. Tu t’étais agenouillée dans l’herbe, tu avais pris une photographie, ton appareil tenu à bout de bras, j’ignore ce que tu as photographié, il faudra que je demande aux filles un jour. Nous avons traversé la maison de Virginia, les murs étaient colorés, comme ceux de l’appartement du passage du Chemin Vert — cette maison te ressemble. Nous avons été à Charleston chez la sœur de Virginia, on t’imaginait facilement conteuse par ici. Puis nous avons remonté le fleuve Dart, nous venions d’apprendre la triste nouvelle, tu n’étais plus là, ce n’était pas réel. Nous naviguions vers Greenway, tout était baigné de cette couleur verte, l’eau du fleuve, l’air et les arbres autour. Puis nous avons traversé le pays, d’est en ouest, du nord au sud, à la rencontre de ces autrices anglaises que nous aimons tant, Jane, Charlotte, Emily, Virginia toujours, partout nous avons senti ta présence lumineuse. Chère Anne-Marie, tu es là encore ce matin, et il me suffit d’ouvrir un de tes livres pour entendre ta voix.

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caroline diaz

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