un allègement soudain

Sa maison me rappelle celles des amies du lycée, des meulières au bord de l’Yerres qui m’émerveillaient. Des heures à table, sa voix grave et douce. La forêt, les lumières, les mousses, on s’accroche aux branches pour éviter les flaques de la dernière pluie.

Traversée de Montmartre en vélib, la chaleur, la foule des dimanches. Retrouver Alice au bureau de vote, il y a du monde, un frémissement. Puis les résultats attendus, j’enrage. Je veux écrire à Philippe, je butte sur les mots, il m’écrit le premier, depuis la Bibliothèque nationale du Québec. Il vient de finir la lecture de Comanche, ses mots remuent, m’apaisent.

Nuit mauvaise, tenue éveillée par l’espoir ténu que Mélenchon rattrape Lepen. Jour mécanique suit. Déjà trop de commentaires, trop d’inquiétudes, une envie de fuir.

Philippe est rentré. Son enthousiasme, les rencontres, les échanges, sensation d’un allègement soudain. Il pose sur la table du salon les ouvrages rapportés de Montreal, surtout de la poésie, surtout des livres de femmes.

Publication du dernier chapitre de Comanche sur le blog, flottement.

Nous relisons ensemble les notes qu’il a inscrites en marge de Comanche. L’impression que le texte se décolle de lui-même, flotte entre la page et moi, a sa propre existence.

Au moment de m’endormir, je pense au premier chapitre de Comanche, l’enterrement de Pierrot, ce pourrait être le début d’un autre livre.

Publié par

caroline diaz

https://lesheurescreuses.net/

3 réflexions au sujet de “un allègement soudain”

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