
Nous nous retrouvons dans une grande maison de campagne pour l’anniversaire de C. Je jette mon dévolu sur Simon, le dernier né, le câline à l’envi. Nous nous baignons, nous faisons de courtes marches. À l’occasion du quizz organisé par L, j’apprends que C. aurait aimé être égyptologue, émue de découvrir ce rêve secret je me suis demandé pourquoi elle avait renoncé mais je ne lui ai pas posé la question. Les filles m’ont manqué.


Recevoir un SMS d’Hélène, ce n’est pas elle qui m’écrit, peut-être un de ses proches, peut-être une soignante, elle n’est plus en mesure de répondre à nos messages ni à nos appels téléphoniques, on peut lui rendre visite aux Euménides. Nous avons travaillé ensemble, n’avions plus si souvent l’occasion de nous voir, mais elle était de ces personnes qui abolissent toutes les distances. Magnétique, lumineuse, sa voix même portait la joie et la douceur.
The chronology of water. J’avais oublié le jeu des lettres qu’on dessine au doigt dans le dos pour faire deviner des mots, une langue muette faite pour les aveux, et le corps qui comprend.
La petite fille, sa voix inquiète : Maman, y a des gens qui courent. Et la mère la rassure : Ce sont les pompiers, ils s’entraînent, ils courent tous les jours, c’est pour qu’ils soient toujours très forts.
Canicule, troisième vague. Et je souris intérieurement en rafraîchissant compulsivement la page météo : rafraîchir, ça ne fait pas baisser les températures.
Il me fallait un ventilateur et j’ai fini par en trouver un en ligne, sans doute trop cher, un peu bruyant, mais je crois bien que c’était l’un des derniers disponibles dans une boutique parisienne. Je suis allée le chercher rue Saint-Maur, je n’avais pas prévu de sac et je n’ai même pas eu le réflexe de demander au vendeur s’il pouvait m’en donner un. J’ai porté le carton contre mon ventre, comme on porte un enfant. Alors que je passe devant une terrasse, un couple me regarde en souriant, l’homme désigne la boîte, me félicite. Je lui réponds en riant que je crois attirer davantage l’attention avec un ventilateur que si j’étais enceinte (je me souviens n’avoir jamais été autant abordée dans ma vie qu’à cette époque). Posséder un ventilateur relevait presque de l’héroïsme.


Je rejoins Claudine rue Croulebarbe pour une petite session de gravure. L’atelier est minuscule, à l’abri d’une cour plantée, il y a au fond un immense palmier. Claudine a apporté des viennoiseries délicieuses pour nous donner du courage. Les encres sont fluides, mes plaques de Rhénalon vraiment usées. Nous déjeunons à l’ombre sur une minuscule table en bois. C’est un moment joyeux malgré la chaleur. Je repars avec quelques tirages que j’emporterai le week-end prochain à Granville pour l’atelier d’écriture que j’animerai, invitée par Émilie et Laurent.

