une semaine d’avant départ 

Partie émue vers Saint Sulpice, attente longue et vaine autour du marché de la poésie, y rencontrer Marie-Anaïs et Jonathan, supporter ensemble le froid qui s’installe, rire de l’absurde : les clefs de l’entrée ont été confisquées par la préfecture ? Retrouver heureusement les amie·s du web, grande table en terrasse, pour le chauffage on repassera. Dans la nuit, marche détournée avec Milène T et Juliette C, je finis le trajet seule, de Poissonnière au pont Lafayette petite inquiétude alimentée par la discussion avec Catherine S sur ces moments où nous avons su éviter le danger.

Nous sortons tous les trois sous le ciel radieux du dimanche, retournons pour le première fois depuis longtemps manger une pizza chez Maria Luisa, Nina manque, dans l’ombre du mur près de l’ancienne maternelle des filles, la présence d’un fantôme. Le soir échange par message avec Juliette, découvrir amusée qu’elle part en vacances là où cet été j’ai commencé ce journal, précisément là où, elle m’écrit Le monde, c’est comme le marché de la poésie en fait : tout petit !

Tiraillée par les projets, la nouvelle proposition de François Bon qui tombe, Long voyage de nuit, Simon, Duras, Koltès, une seule phrase, très tentée, se l’autoriser, mais comme le Comanche m’appelle. Le temps file, les jours d’octobre bien trop courts, jamais autant traqué le ciel, la lumière.

Recevoir les photos de Gracia, les visages en noir et blanc d’une soirée étrange et joyeuse, comme la nuit qui a suivi, où j’ai peu dormi, encombrée de mots restés suspendus, et ceux prononcés pour s’engager.

Relecture du Comanche, devrais dire survol, certains passages qui comblaient ma crédulité — être au plus près de la vérité, l’exhaustivité ferait loi/foi — me paraissent une voie sans issue.

Fébrilité d’une semaine d’avant départ, impression que le journal s’écroule sur lui même, le temps de rien, juste écarter l’angoisse. Mon dentiste me confirme qu’une des dents qui a mordu le bitume est en train de mourir, je pense à Martine T, qui m’écrivait juste après l’accident c’est bizarre tout de même cette boucle! Repose-toi ! Drôle de Noël ! Je t’embrasse, une semaine plus tard elle nous jouait un tour affreux. Avec Philippe nous échangeons sur L’espace d’un instant, impression de lui avoir ouvert une porte, ça me REMPLIT de joie. La valise à la hâte.

Au réveil surprendre la lumière rose dans le salon, surprise de ne plus (depuis quelques voyages) ressentir le stress d’avant départ. Dans le train j’envoie le PDF à F, je pense à un projet qui serait tenu le temps du séjour — une semaine à Marseille face à la mer — qui pourrait trouver sa place dans la revue, je finis mon texte sur la traversée de nuit pour l’atelier permanent à l’instant où nous arrivons gare Saint-Charles. Retrouver Marseille, sa lumière.